22 novembre 2008

PAVILLON NOIR, un squelette qui tient debout

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Vision originelle via un magazine : "Quelle horreur, cette masse sombre et encore ce satané béton comme si l'asphalte n'offrait pas une palette de gris exhaustive..."

Le but de Rudy Ricciotti n’est pas de « répondre à la commande en édulcorant sa version ». Ce bâtiment un brin ténébreux transcrit des prises de décision franches, n’en déplaise aux élus; l'architecte Rudy Ricciotti à voulut ériger ce monument à l'effigie du chorégraphe Angelin Preljocaj, à qui est destiné le Pavillon Noir (in Aix en Provence). Paraît-il squelettique, on retrouve dans le bâtiment les lignes, les angles, aucunes courbes, on se figure un visage anguleux, des os saillant, la peau sur les os.

L'entrecroisement complexe des poutres de soutien me rappelle le chevauchement des corps de danseurs qui s'entremêlent lors de balais. Entrecroisement paraissant anarchique mais en vérité très contrôlé, ne serait-ce que pour la faisabilité architectonique. Ces fils de béton qui entourent la structure de verre sont en tension à l’image des muscles qui se bandent sous l’effort.

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Pour moi les danseurs évoluent dans une sorte de corps où les os sont les poutres de béton et la peau est représentée par les vastes façades de verre, peau qui fait office d'enveloppe, de refuge humain, qui nous protège mais dès lors que le corps s'exprime et se libère, ses mouvements dévoilent un homme qui se transcende et qui se libère de ses acquis socioculturels - la danse corps qui s'agitent, rend l'homme transparent soumit au déterminisme mécanique de la nature jusqu'alors - verre qui nous protège et nous dévoile

Cette matière me paraît ainsi appropriée et permet au bâtiment de s'insérer pleinement dans l'espace urbain ancien en brique, de part sa discrétion grise et sa transparence lumineuse.

Morale de l'histoire ne pas croire le papier et ce qu'on en dit mais ses propres pérégrinations

"Le Pavillon Noir, avec un Théâtre de 386 places et quatre studios de danse, est le premier lieu construit pour l'activité qu'il abrite, où les artistes pourront mener le processus de création en intégralité, du travail en studio à la représentation sur scène" – A l’inverse du contexte de travail à la chaîne qui entraîne un émiettement des professions, ici on revient à une conception plus traditionnelle en accompagnant au sein d’un même bâtiment l’écrémage de la matière brute, des corps malhabiles, à la confection du produit finit présenté au public.

img003_copiePour plus => http://www.preljocaj.org/

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Posté par Faust_in à 16:00 - - Commentaires [0] - Permalien [#]


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